Foire aux questions (cliquez sur les questions pour voir les réponses)

1 - Quelles sont les conditions qui conviennent au théier ? ▼

Le théier (Camellia sinensis) est un arbuste à feuilles persistantes qui produit des petites fleurs blanches à l’automne. Il se sentira bien dans une terre acide (pH<6), bien drainée, sans excès d’humidité. Il est important qu’il bénéficie d’une bonne hygrométrie (humidité de l’air) avec un taux de préférence supérieur à 60% et à l’abri des vents desséchants. Le théier résiste au froid jusqu’à -12°C, doute même à des températures inférieures pour certains cultivars. Le théier est très tolérant sur l’ensoleillement, il peut même être placé en sous-bois : un théier planté à l’ombre aura un démarrage plus facile, en revanche, une fois installé, il produira moins. Les soins apportés lors de la première année qui suit la plantation sont cruciaux : une fois enraciné, le plant sera très robuste, même s’il pourra montrer de temps en temps quelques signes de stress.


2 - Quand dois-je planter ? ▼

La plantation peut se faire d’Octobre à Mai. En cas de plantation en automne-hiver, assurez-vous que les plants ne soient pas trop exposés aux vents froids ; en cas de plantation au printemps, assurez-vous que vous pourrez arroser en cas de sécheresse passagère entre Mai et Juillet.


3 - Quel espacement dois-je respecter entre les théiers ? ▼

Vous pouvez planter vos théiers en isolé, en bouquet ou bien en rangs (simples ou doubles). Dans le cas d’une plantation en haie simple, un espacement de 160-200cm entre les rangs et de 70-80cm entre les plants d’un même rang nous semble un bon compromis, cela permet un développement relativement libre de chaque plant, tout en permettant de circuler le long des haies pour l’entretien et la cueillette. En isolé, vos théiers pourront alors se développer librement et atteindre 1,50m en 15 ans.


4 - Comment préparer le terrain avant la plantation ? ▼

Un bon binage est nécessaire avant la plantation. Si le sol est tassé, nous recommandons de le décompacter à 40cm de profondeur environ, cela permettra au pivot de descendre et au théier de s’enraciner plus facilement. Si vous faites une plantation en haie, vous pouvez passer une sous-soleuse à une dent pour préparer le sol. Dans ce cas, veillez à ne pas planter trop profond, car le plant aura tendance à s’enfoncer dans les mois qui suivent la plantation.


5 - Quelle différence entre les plants de théier issus de graines et les plants issus de bouture ? ▼

Le théier n’est pas auto-fertile, sauf rare exception : les graines résultent donc d’un croisement entre 2 théiers génétiquement différents. Elles ne garantissent donc pas l’obtention d’un type stable ; toutefois, il est possible à partir d’un « parc à graines » constitué de plants non clonaux mais de type proche (graines bi-clonales), d’obtenir une certaine uniformité sur les plants produits avec un taux atteignant 80%. Le croisement est également utilisé pour créer de nouveaux cultivars, il s’agit toutefois d’une opération de long terme, on considère qu’il faut une population de plusieurs dizaines de milliers de théiers issus de graines pour identifier un sujet d’élite, qui pourra alors être bouturé. Notre catalogue inclut des plants issus de graines bi-clonales (Kymin, Géorgie), ainsi qu’une sélection des plants issus de croisement entre nos théiers acclimatés en Bretagne, présentant une forte diversité génétique. La bouture permet de reproduire un plant génétiquement identique au plant mère, par conséquent de contrôler parfaitement les caractéristiques du plant ; c’est la méthode principalement utilisée au Japon, en Corée, en Chine et à Taiwan, où de nombreux cultivars clonaux ont été développés ; elle permet d’assurer la qualité du thé, notamment pour le thé vert et le thé oolong qui correspondent à des profils aromatiques très précis. Si vous prévoyez une plantation de quelques centaines de plants ou plus, nous vous recommandons d’apporter une certaine diversité génétique dans votre plantation, soit en choisissant au moins 3 cultivars différents ; la plantation sera ainsi plus résistante aux maladies et aux parasites.


6 - Quelle est la période de récolte des feuilles ? ▼

Le thé est fait à partir de jeunes feuilles récoltées pendant les saisons de pousse (« flush »). En climat continental, 2 périodes de flush sont observées, la première au printemps (Avril-Mai) et la deuxième à l’automne (Septembre-Octobre), chaque flush durant quelques semaines. En climat océanique (par exemple en Bretagne), nous observons également ces 2 périodes de flush, chacune durant 2 mois ou plus ; certaines années, lorsque l’été reste frais, nous pouvons même récolter sans interruption d’Avril à Octobre. Le théier peut être récolté avec modération 2 ans après la plantation, il atteint sa maturité 7 à 8 ans après la plantation. Un même théier peut être récolté de 5 à 12 fois sur une année.


7 - Quelle quantité de thé puis-je espérer récolter ?▼

Pour une culture raisonnée, c’est-à-dire sans ajouts importants de fertilisants, il est possible à maturité d’arriver à produire 40-50g de thé sec de qualité premium par théier, ce qui correspond à un prélèvement d’environ 150-200g de feuilles fraîches.


8 - Quelles sont les maladies / parasites du théier ?▼

Voir le livre - Le théier - de Denis Bonheure. Les pathologies décrites dans ce livre sont nombreuses, toutefois il semble qu’elles soient beaucoup plus critiques en climat tropical qu’en climat tempéré. Après 15 ans d’expérience de la culture du théier en Bretagne, nous n’avons jamais observé de pathologie critique, simplement des signes de stress passager qui n’ont jamais vraiment entravé le développement des théiers ou les récoltes. Attention toutefois aux chevreuils et lièvres qui peuvent faire des dégâts considérables sur les jeunes plants. S’ils sont abondants dans votre région, nous vous conseillons de clôturer avec du grillage à moutons ou bien des protections forestières individuelles. Les rongeurs peuvent également creuser des galeries qui vont ralentir l’enracinement, surveiller régulièrement, le cas échéant, tasser un peu la terre là où se trouvent les galeries ; vous pouvez également attirer les rapaces avec des perchoirs si nécessaire.


9 - Y-a-t-il un livre de référence sur la culture du théier ? ▼

En Français, 2 ouvrages à consulter : - Denis Bonheure, - Le Théier -, Maisonneuve et Larose, 1988. Ce livre décrit en détail la méthode britannique de culture du théier, industrielle, intensive et essentiellement dédiée au thé noir, intéressant pour comprendre les bases de la culture du théier, à nuancer bien sûr si vous entreprenez une culture raisonnée et la fabrication artisanale d’autres types de thé que le thé noir. -Alain Guerder, - Théiers, Théieraies, Feuilles de thés, Le manuel technique de l'art de la théiculture (2022) Écohameau de Barthès, 2021. Ce livre est une mine d’informations sur de nombreuses méthodes utilisée dans le monde et propose une approche écologique originale. Il existe de nombreux livres en Anglais, ceux-ci présentent la même approche que celle du livre de Denis Bonheure. D’autres ouvrages en Chinois ou Japonais, présentent en détails des approches autres que l’approche britannique.


10 - Quelle est la période de la floraison ? ▼

Le théier fleurit entre Septembre et Novembre. Simultanément, les graines issues des fleurs de l’année précédente arrivent à maturité.


11 - Quelle est la durée de vie d’un théier ? ▼

Le théier est un arbuste extrêmement robuste une fois enraciné, il peut vivre plusieurs centaines d’années. Des théiers millénaires ont été identifiés dans la région d’origine du théier, entre la Chine, l’Inde, la Birmanie, le Laos et le Viêt-Nam. Dans les régions de production de thé, il est toutefois courant de remplacer les théiers au bout de quelques dizaines d’années par des cultivars plus « performants ». Un théier âgé reste très productif, mais la cueillette est plus compliquée que celle d’un théier plus jeune maintenu à hauteur de cueillette par des tailles successives.


12 - Doit-on Tailler le théier ?▼

Dans une approche de culture industrielle, le théier est maintenu à hauteur de cueillette, c’est-à-dire entre 70cm et 1m par des tailles successives, puis subit une taille de régénération à 35cm tous les 5-6 ans. Nous recommandons une taille douce de rééquilibrage en Novembre tous les ans à partir de la première année de plantation. Dans une approche artisanale, la « table de plantation », source de stress pour le théier, n’est pas forcément nécessaire, la cueillette se fera autour de la plante à différentes hauteurs, c’est ce qu’on voit sur les photos prises en Chine ou au Japon à la fin du 19ème siècle.


13 - Quel engrais apporter au théier ?▼

Si votre sol ne présente pas de carence particulière, il faut surtout veiller à une teneur suffisante en azote : dans une plantation industrielle, le besoin en azote est souvent supérieur à 50kg/hectare. Nous vous conseillons d’apporter un feu de fumure naturelle ou de compost à la plantation et de n’en rajouter les années suivantes que si une carence apparaît (décoloration de la feuille qui devient jaunâtre à blanchâtre, ralentissement de la croissance.


14 - Comment entretenir le théier ?▼

Les 2 années qui suivent la plantation, un binage est nécessaire 2 à 3 fois par an au pied des plants. Nous conseillons d’utiliser un paillage naturel (orge ou blé) pour limiter la pousse des adventices.


15 - Combien y a-t-il de familles de thé ?▼

Le thé est un univers complexe : la vision chinoise, qui est la plus complète, définit 6 « couleurs » de thé en fonction du mode de transformation : thé vert (non flétri, non oxydé), thé noir (flétri, oxydé), thé sombre (flétri, non oxydé, post-fermenté), thé bleu (flétri, semi-oxydé), thé blanc (flétri), thé jaune (flétri, légèrement oxydé). Nous ne mentionnons pas ici des thés aromatisés… c’est un autre univers !


16 - Est-ce qu’il y a des cultivars recommandés pour certaines couleurs de thé ?▼

Si vous souhaitez fabriquer un type de thé, tous les cultivars ne sont pas forcément adaptés : nous vous recommandons de faire des essais préliminaires révéleront des qualités organoleptiques très différentes en fonction du cultivar utilisé. Les thés verts et oolong sont les plus sensibles au cultivar, il sera difficile d’obtenir un résultat satisfaisant avec un théier quelconque ; par exemple les cultivars « Cuilü », « Trévarez » ou « Jiukeng » donneront des arômes magnifiques en thé vert, alors que le Kemper présentera une palette aromatique très décevante, loin des arômes herbés, végétaux et marins que l’on recherche pour le thé vert (il donnera en revanche un remarquable thé noir). La transformation en thé noir ou thé blanc est la plus tolérante quant au cultivar : même si le résultat sera différent en fonction du cultivar, nous n’avons pas observé de faiblesse marquée pour la fabrication de ces types de thé. Pour chaque cultivar, nous vous communiquons des informations relatives au type de thé que nous estimons être le plus adéquat.


17 - Pourquoi la société Filleule des Fées propose-t-elle aussi des théiers ?▼

Depuis la plantation de nos premiers théiers en 2005, nous avons fait des expériences plus ou moins heureuses et nous sommes rendu compte que la qualité et le « pedigree » du plant de théier était un facteur clé de réussite d’un projet de thé. Nous avons donc décidé de contrôler notre propre production de plants : nous avons travaillé avec la pépinière Nicolandes, spécialiste reconnu en reproduction de camélia, pour mettre en place notre production de théiers à partir de boutures ou de graines sélectionnées, permettant d’obtenir des plants présentant des caractéristiques bien identifiées, et, pour la plupart validés pour la fabrication de différents types de thé. Nous nous positionnons dans une démarche de transparence et de partage de nos savoirs et savoir-faire avec les passionnés et amateurs de thé. Nous vous offrons ainsi la possibilité d’approvisionner les plants que nous avons sélectionnés et que nous continuons de planter nous-même sur nos différentes parcelles.


18 - Peut-on cultiver un théier en pot, par exemple sur un rebord de fenêtre ou un balcon ?  ▼

Oui, ce type de culture est possible, mais il faudra prêter attention à quelques aspects spécifiques en plus des aspects généraux détaillés précédemment :

  • Veiller à ce que le plant ne soit pas trop exposé au vent, cela peut être le cas sur un balcon, dans ce cas, prévoir un écran filtrant le vent.
  • Ne pas trop arroser (c'est l'erreur la plus commune) : le théier dépérit s'il a les pieds dans l'eau, il faut juste s'assurer que la terre ne dessèche pas, et privilégier la pulvérisation sur le feuillage de temps à autre, surtout lorsque l'air est sec.
  • Attention également de ne pas utiliser une eau trop calcaire, ce qui risque à la longue de modifier sur le long terme l'acidité de la terre.
Lors du rempotage, utiliser un pot légèrement plus grand ; le théier, comme d'autres camélias a un comportement surprenant en pot, il dépérit s'il est rempoté dans un pot beaucoup plus grand que le pot initial : nos théiers étant livrés en pot de 8x8x8 cm, vous pouvez le rempoter dans un pot de largeur maximum 12cm. Par la suite, en fonction de son développement, vous pouvez le rempoter tous les 2-3 ans dans un pot un peu plus grand. Pour tout rempotage, utiliser de la terre de bruyère ; ne pas ajouter d'engrais l'année du rempotage (la nouvelle terre de bruyère ajoutée suffit à apporter les nutriments nécessaires). Les autres années, vous pouvez ajouter une quantité modérée d'engrais à diffusion lente pour plantes de terre de bruyère.